CLIMAT : LES GRANDS ENJEUX DE LA SIGNATURE DE L’ACCORD DE PARIS

S'il vous plaît noter ce

La question se fait de plus en plus pressante. Le V20, la réunion des ministres des Finances des pays particulièrement vulnérables du fait du changement climatique, a officiellement demandé il y a quelques jours aux pays développés d’accélérer le rythme pour parvenir aux 100 milliards de dollars de financement climat promis.

“L’Afrique a besoin d’un accompagnement pour que les choix [énergétiques] qui vont être faits le soient en accord avec Paris”, a aussi insisté Mohamed Boussaid, le ministre de l’Économie et des finances marocain, lors de la réunion de printemps du Fonds monétaire international et de la Banque mondiale.

Cette dernière institution a présenté son “Plan d’action sur le changement climatique” début avril. Celui-ci prévoit notamment de débloquer 3,5 milliards de dollars par an via sa propre société financière et de mobiliser 25 milliards de dollars de financements privés pour des projets centrés autour des énergies renouvelables, de l’agriculture et des transports.

Où en est-on sur la tarification du carbone ?

Longtemps taboue, la question a été mise sur la table en amont de la COP21 par un nombre croissant de dirigeants politiques et économiques. Tant et si bien que la fixation d’un prix du carbone fait partie de la “décision”, en préambule de l’accord. Mais de nombreuses questions et divergences restent à surmonter pour sa mise en œuvre, a fortiori au niveau international.

Ségolène Royal l’a cependant martelé à l’occasion d’une visite à Washington, mi-avril, qui a permis de préparer la cérémonie de signature du 22 avril : “la tarification du carbone est au cœur de l’action de la présidence française de la COP21 (…) pour mettre en œuvre concrètement” l’Accord de Paris.

A New York, les chefs d’État réunis devraient faire une nouvelle déclaration pour attester de l’avancée des discussions sur le sujet. 12% des émissions globales sont aujourd’hui couvertes par un prix du carbone. L’objectif visé par la présidence française de la COP21 est de doubler ce chiffre d’ici 2020 et de le doubler de nouveau avant 2030.

Quant au prix du carbone en lui-même, il devra être “plus élevé, plus stable et prévisible et plus coordonné”, a insisté Ségolène Royal. Mais pour Thomas Spencer de l’Iddri, nous n’en sommes pas encore là : “La politique fiscale reste une question nationale. Ce que peut créer l’Accord de Paris, c’est un environnement dans lequel les différents pays se sentent assez confiants pour mettre en place leur modèle de tarification du carbone, en ayant l’assurance que d’autres pays sont en train de faire de même et que ça ne nuira pas à leur compétitivité”.

MISE A JOUR LE 23/04/2016

Fannie Rascle et Béatrice Héraud
© 2016 Novethic – Tous droits réservés